Christine Angot et Lionel Duroy condamnés par la justice

Catégorie : Regards

Jusqu'où la littérature peut-elle emprunter ses personnages à la vie réelle? Lorsque les héros involontaires de romans se rebiffent, c'est à la justice de trancher. Fait rare, la XVIIème chambre vient de condamner Christine Angot et Lionel Duroy.

Après l'affaire DSK - Marcella Iacub qui fit tant parler en février, avec la condamnation de l'auteur et de Stock, éditeur de "Belle et bête",  Christine Angot et Lionel Duroy viennent de perdre au tribunal devant ceux qui se sont reconnus dans leurs romans.

Après un premier procès lié au "Marché des amants", conclu sur un accord avec Christine Angot, Elise Bidoit, mère des enfants de l'homme devenu le compagnon de l'écrivain, s'est à nouveau reconnue dans les pages du roman "Les petits" (2011). Elle réclamait 200 000 euros de dommages et intérêts pour atteinte à la vie privée qu'elle estime salie. La justice a reconnu voici quatre jours le préjudice et fixé l'indemnité à 40 000 euros.

Aux mêmes motifs, les éditions Robert Laffont viennent d'être condamnées à verser 10 000 euros de dommages et intérêts à Raphaël Duroy, qui s'est reconnu dans "Colères", le livre de son père Lionel Duroy.

Récemment, on se souvient de PPDA, poursuivi par Agathe Borne, son ancienne compagne, pour avoir utilisé ses lettres d'amour et ses textos dans son roman "Fragments d'une femme perdue".

Le recours au tribunal n'est pas réservé à l'autofiction française.

Aux Etats-Unis, Kathryn Stockett, auteur du best-seller "La couleur des sentiments" a été attaquée en 2011 par l'une des employées de maison noires qui lui avaient inspiré cette histoire sur la ségrégation dans le Mississippi. L'employée, se reconnaissant dans le portrait d'Aibileen, avait estimé celui-ci diffamant et saisi la justice.

En France, les récentes condamnations témoignent d'une sévérité peu habituelle. D'autant que la XVII ème chambre chargée de juger les atteintes à la vie privée a fixé des indemnités assez lourdes.