Quand Adrien Goetz emprunte Lupin à Maurice Leblanc

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Quoi de plus naturel en somme que de voler un héros lorsqu’il s’appelle Arsène Lupin? Adrien Goetz n’a pas résisté à la tentation et s’est offert le plaisir de dérober à Maurice Leblanc le coruscant Arsène Lupin, toujours voleur, plus audacieux encore si cela est possible, grâce à la technologie du XXIème siècle.

Qui d’autre que le gentleman-cambrioleur oserait s’emparer des statues de la façade de la cathédrale de Strasbourg? Encore n’est-ce qu’un échauffement, car cet avatar façon Goetz n’a rien à envier à l’original dès qu’il s’agit d’aventures rocambolesques. Ainsi, en phase avec son époque, Arsène Lupin capte les données du milliard d’utilisateurs Facebook, vient au secours d’un Japonais, illustre auteur de mangas, restitue l’authentique Joconde sans renoncer à jouer avec le Régent, royal joyau.

Les amateurs de Maurice Leblanc retrouveront dans cet épisode d’autres personnages taillés pour affronter le temps, tels Paul Beautrelet. Génial étudiant, le digne descendant d’Isidore tient compagnie à l’imarescible comtesse de Cagliostro, tandis que croise au loin un Horlock Sholmes flanqué de Watson.

Nouveau siècle aidant, Lupin voit du pays et passe de Tokyo à l’émirat de Barjah, sans perdre de vue les falaises d’Etretat. Le temps d’une virée en Borostyrie, il se prend pour Tintin avant de jouer au scénariste de série télévisée américaine. Autant de rebondissements propres à distraire le gentleman traversé parfois de tourments dépressifs.  Le panache et du talent ne sauvent pas toujours du blues.

Volontiers facétieux, Adrien Goetz multiplie les clins d’oeil dans ce roman fantasque au parfum d’hommage à Maurice Leblanc. Et si l’on en croit le « bristol » déposé en guise de conclusion par Arsène Lupin, ce n’est pas fini… 

« La nouvelle vie d’Arsène Lupin » d’Adrien Goetz. Grasset. 231 pages. 18,50 €.